février 4

A la place de tes yeux

papeImage représentative de la vie actuelle
Ne regarde pas devant la vie qui t’attend.
Regarde derrière, regarde l’écran.
Ne regarde pas la vie qui passe
Mais un instantané du moment.
Civilisation de soi
Selfi-lisation du moi.
Un poteau entre lui et toi ?
Pas grave, toi on te verra !
Tu vas en faire quoi de ce cliché ?
Ta nouvelle photo de profil
Pour Facebook Instagram ou Twitter ?
Peut-être qu’on te demandera
Qui c’est le mec en blanc derrière toi…
Et toi, tu es venue, tu as attendu
Longtemps, longtemps
Et quand le pape est passé…
Tu ne l’as même pas regardé !

La vie, c’est ce qui se passe sans toi pendant que tu regardes ton téléphone..

© JMB - 4 février 2016 - Diffusion interdite sans accord de l'auteur.
février 2

Sur la plage

tetine

Un enfant sans vie sur la plage du village de Bademli, dans la province de Çanakkale, en Turquie,
après le naufrage de son embarcation sur la route de Lesbos. Photo prise le 30 janvier 2016.
http://tempsreel.nouvelobs.com/galeries-photos/monde/20160201.OBS3750/photo-une-tetine-est-accrochee-a-ses-habits-nouveau-drame-en-mer-egee.html

La maison est vide maintenant. Ou presque. Que prendre quand il faut partir ? Partir absolument ? L’essentiel, le nécessaire. Et encore. Le sac à dos est trop petit pour le superflu. Pas question de prendre des meubles, des matelas ou quoique ce soit qui puisse représenter du poids. Le poids du souvenir et le poids du chagrin sont déjà assez lourds à porter.
Le père est déjà descendu avec les enfants. Il parle avec d’autres. Qui partent aussi. La mère reste quelques minutes dans l’unique pièce de la maison. Imprégner sa mémoire, imprégner son cerveau de ce qu’a été sa vie. Les rires dans la maison, les repas, les nuits d’amour, l’arrivée des enfants.
Il est l’heure, il faut y aller. Un dernier regard avant de tout quitter. Au moment de partir, une tache jaune or accroche son regard. Elle se baisse et ramasse la tétine du fils. Comment a-t-elle pu l’oublier ? Il en aura besoin sur la bateau pour combattre la peur.
Et puis là-bas, quand ils arriveront.
Le bateau les attend.
La mort aussi.

1000 caractères.

© JMB - 2 février 2016 - Diffusion interdite sans accord de l'auteur.
février 1

L’arbre aux étourneaux

Bonjour,

Nous sommes lundi et comme chaque lundi, c’est le jour de l’atelier de Bricabooks.
Merci Leiloona de nous donner ce plaisir hebdomadaire.
Cette semaine, c’est une photo de Jules Ribot qui était notre support de travail. Merci à lui pour ce joli cliché.
Voici donc ma copie, de 1000 caractères, pas un de plus, pas un de moins.
N’hésitez pas à commenter.

julien-ribot

On l’appelle l’arbre aux étourneaux.

Sous ses allures communes, sous son aspect d’adolescent ébouriffé tombant du lit, il est le symbole du village depuis vingt-trois ans. A l’automne et au début du printemps, ici comme ailleurs, il est de coutume de voir voler des milliers d’oiseaux en grappes, montant, descendant, se séparant et se regroupant au gré des courants ou de la volonté du chef de groupe. Les grandes cités les chassent, les piègent, les repoussent vers les banlieues comme elles ont si souvent rejeté les étrangers vers les périphériques.

Pour se protéger.

Ici, depuis trois siècles, les photographies et les peintures anciennes le prouvent, il y a toujours eu un arbre aux étourneaux. Les oiseaux contournent le village mais ne le survolent pas. Jamais. Et ils se retrouvent sur un arbre, un seul, qu’ils élisent pour dix, vingt ans.

Jusqu’à ce qu’il meure ou soit abattu.

Alors l’année suivante, ils en choisissent un autre.

Pour l’instant c’est lui.

Pour combien de temps ? Nul ne le sait.

1000 caractères.

© JMB - 1 février 2016 - Diffusion interdite sans accord de l'auteur.
janvier 31

Une arme ?

pointDamien est heureux. Après quatre mois d’attente, il prend enfin possession de sa commande. Tous ses amis avaient déjà la leur. Il n’y avait plus que lui. A son âge, chacun a son arme. Son arme personnelle. Il ne comprenait pas pourquoi lui, malgré l’autorisation de la préfecture, n’avait toujours pas sa machine à tuer.

La société a évolué. Chacun a la sienne aujourd’hui. Et Damien a promis qu’il ferait attention. Qu’il la bichonnerait, qu’il la nettoierait, la graisserait, la ferait briller.

Il sait qu’avec elle, il va être le roi, le boss, le champion. Ah, les copains vont l’envier ! Elle fera désormais partie de lui. Même pour aller juste à côté de chez lui, il la prendra, ne pourra plus s’en passer.

Et puis avec une arme pareille, les filles tomberont, c’est certain. Ça vous change un homme un bijou pareil.

Non, ne vous y méprenez pas, Damien n’est pas un tueur, loin de là.

Et puis, il espère bien que sa voiture ne tuera pas, ne tuera jamais.

Mais ça peut arriver. Personne n’est à l’abri.

1000 caractères

© JMB - 31 janvier 2016 - Diffusion interdite sans accord de l'auteur.
janvier 29

100 000 signes

10p5Nouveau site, nouvelle expérience d’écriture.

Et si vous alliez regarder ce nouveau site ?

Lire le synopsis, les deux premiers épisodes.

Chaque épisode fait 1000 caractères, espaces compris(es).

Et puis, si cela vous plait, vous abonner, pour recevoir chaque lundi et chaque jeudi un nouveau cliché, une nouvelle photo de Mo.

Rendez-vous sur http://www.kervenec.net/100000signes

 

© JMB - 29 janvier 2016 - Diffusion interdite sans accord de l'auteur.
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