Don’t panic

servietteCe matin, je me suis réveillé à 6h15. Un peu tôt pour un jour non travaillé… J’ai pris un petit café, bricolé un peu dans la maison, puis je me suis recouché et rendormi.

Le pépiement d’un oiseau matinal m’a réveillé à 9 h 10.

Joli bruit, joli réveil. Ce petit oiseau m’a mis de bonne humeur.

Je me suis donc levé, et comme chaque matin au réveil, je me suis douché en chantant.

Sorti de la douche, je me suis essuyé, ce qui paraît normal. Et j’ai mis ma serviette à sécher sur le radiateur encore allumé, puis j’ai refermé la porte de la salle de bains.

Erreur !!! Funeste erreur !!

A 9 h 20, en sortant de la douche, je ne savais pas ! Je ne faisais pas partie des initiés. « Maintenant je sais », comme chantait Gabin et je suis atterré par mon inculture et ma bêtise.

Et je suppose que nombre d’entre vous ont fait la même chose : se doucher, s’essuyer et délaisser sa serviette comme un vulgaire chiffon sans importance… Bande d’ignares !

Aujourd’hui, 25 mai, les gens branchés se promènent en ville avec leur serviette sur l’épaule. Aujourd’hui, et ce depuis le 25 mai 2001, c’est la journée de la serviette. En hommage à la mort de Douglas Adams, auteur de H2G2.

Alors, faites comme moi, retournez dans vote salle de bains, récupérez votre serviette sèche, et pensez à vous la mettre sur l’épaule en partant faire les courses. Promenez-vous avec un air important et suffisant. Vous faites partie de l’élite !

Si, par hasard vous croisez un autre allumé dans votre genre, pensez à le saluer par un chaleureux « Don’t panic ». Et si cette personne vous arrête et vous pose une question, n’importe laquelle, même si vous ne comprenez rien à ce qu’il vous demande, répondez « 42 ». Vous verrez alors son visage s’illuminer d’un sourire béat et complice.

Voilà. Grâce aux Chroniques Uchroniques, vous pouvez sortir aujourd’hui la tête haute et le regard fier, votre serviette de toilette sur l’épaule, méprisant le monde et tous ces abrutis qui ne savent pas.

Rendez-vous prochainement pour la journée du couteau à pain, la commémoration internationale de la rallonge électrique ou la journée mondiale de la tronçonneuse.

Merci qui ?

http://www.voyageurgalactique.com/jour-de-la-serviette-origines.php

© JM Bassetti 25 mai 2013. Tous droits réservés.

 

Deux semaines de gloire par an

suzanne2Bonjour à tous, chers amis,

Voilà. Le mois de mai touche à sa fin, le festival de Cannes est terminé ou quasiment, et bientôt, comme tous les ans, vous allez entendre prononcer mon nom quotidiennement pendant deux semaines. Et chaque jour vous allez vous demander qui je suis. Une illustre inconnue pour la plupart d’entre vous, j’en suis certaine. Beaucoup pensent que Rolland Garros était un joueur de tennis, alors moi, avec un nom bien moins illustre que le sien, qui suis-je ? Si on a donné mon nom à l’un des plus beaux courts de tennis, sans prétention ce n’est pas par hasard. Oui, car j’ai été une joueuse de tennis. J’ai eu mes heures de gloire dans les années vingt. Tout le monde me craignait. On me surnommait « la divine » à l’époque. A l’instar des jeunes joueuses actuelles, j’ai touché ma première raquette alors que j’étais toute gamine, dans la maison familiale de Marest sur Matz pas loin de Paris.

En à peine une année d’entrainement avec mon père, mes progrès ont été tellement fulgurants qu’on m’a appelée pour jouer en équipe de France. A quinze ans, je décrochais le premier de mes six titres de championne du monde sur terre battue.

Ce soir-là, on a fait la fête avec mes parents, je peux vous l’assurer ! Et avec quelques messieurs également, je me souviens. Ah ! Les hommes. J’en ai connu beaucoup dans ma courte vie. Je ne me suis pas privée. On me dit maintenant que j’avais une réputation assez sulfureuse. Et je n’en ai pas honte. J’ai pris beaucoup de plaisir en tant que femme… Mais bon, on ne vit qu’une fois, alors autant en profiter tant qu’on a la jeunesse. Et moi, je n’ai pas eu de vieux jours pour m’en souvenir !

Je ne vais pas vous faire ici étalage de mon palmarès sur des pages et des pages. Pour mémoire, sachez quand même que j’ai gagné Wimbledon six fois de suite, sans jamais perdre un set. Six fois Rolland Garros également. Et en 1925, j’ai même remporté ce tournoi trois fois : en simple, en double et en double mixte !! Qui ferait ça de vos jours ? Dans ma carrière, j’ai remporté 241 tournois. Entre 1923 et 1925, personne n’osait s’approcher de moi, je me souviens. Les filles qui entraient sur le court sentaient déjà le vent de la défaite souffler à leurs oreilles. Il faut dire qu’à cette époque, j’ai gagné 171 matchs à la suite. 171 ! J’en ai encore la tête qui tourne !!

Mais ce n’est pas ma plus belle victoire. Dans ma courte carrière, j’ai surtout réussi à dérider un peu le monde du tennis féminin. Petit à petit. Grâce à ma mère qui s’occupait de mes tenues et qui avait un bon sens pratique. Comment bien jouer et bien courir lorsqu’on a une jupe qui descend jusqu’aux pieds ? Alors, progressivement, avec ses ciseaux de couture, maman a raccourci mes jupes, centimètre par centimètre. Et mes adversaires ont fait de même. A la fin de ma carrière,, nous en étions arrivées juste au-dessous du genou. Et je peux vous dire que cela a fait drôlement évoluer la vitesse de jeu du tennis féminin. Mais cela restait très chaste. A l’époque, on ne plaçait pas encore de caméra en contre-plongée pour filmer en priorité la culotte des jeunes et jolies joueuses !

Le tennis était toute ma vie. Je vivais pour la petite balle ronde que j’adorais frapper avec une force qu’aucune autre femme n’arrivait à égaler.

Petit à petit, on m’a moins vue sur les courts professionnels, je me suis intéressée à la formation des jeunes joueuses.

Et puis un matin de 1938, c’est moi qui n’ai plus rien vu. Les lumières de la vie se sont éteintes brutalement. Mes yeux qui avaient vu tant de choses en si peu d’années ont soudain refusé de me montrer la beauté de la vie qui m’attendait. Et puis ces grands yeux noirs se sont fermés le 4 juillet de cette même année. Je venais d’avoir 39 ans et une nouvelle carrière s’ouvrait devant moi. Malheureusement, la vie et la leucémie en ont décidé autrement. J’ai quitté les courts pour sombrer dans l’oubli.

Jusqu’à ce qu’on 1997, on décide de baptiser de mon nom ce qui était auparavant le court A de Rolland Garros. Quinze jours par an, je sors de l’anonymat pour retrouver un semblant de gloire. Mon nom s’étale dans les journaux, à la radio, à la télé.

Alors, vous qui allez bientôt vous intéresser au tournoi de Rolland Garros, vous allez pouvoir faire le malin et étaler votre science. Non, je n’étais pas aviatrice, ni écrivain, ni actrice, ni femme politique, ni ministre des sports. J’ai passé ma vie à adorer le tennis et le monde du sport. Et si on me rend hommage aujourd’hui, c’est peut-être un peu mérité.

Je vous souhaite de belles images, un beau tournoi, de belles émotions, de beaux rebondissements comme seul le tennis peut en offrir.

Je vous adresse toute mon amitié et vous donne rendez-vous sur mon court, juste à côté du central (Philippe Chatrier).

Bien à vous,

Suzanne Lenglen.

(Suzanne Lenglen est née le 24 mai 1899 à Paris et décédée de la leucémie le 4 juillet 1938. Elle est certainement la championne de tennis française possédant le plus beau palmarès. Si on lui rend hommage chaque année, ce n’est que justice.)

© JM Bassetti 24 mai 2013. Tous droits réservés.

Dors bien, Georges

moustakiPeu de choses à écrire aujourd’hui, si ce n’est un petit hommage à Georges Moustaki, parti se reposer ce matin. Repos éternel. Sieste interminable. C’est ce à quoi il aspirait. Envolé doucement, sans effort.
Merci Georges pour tes chansons, ta bonne humeur, ta joie de vivre, ton regard pétillant.
Dors au paradis des grands. Va rejoindre Edith, Georges, Jacques, Léo, Serge, tous tes amis qui chantaient avec toi la belle chanson que nos aimons.
Dors bien, métèque, dors bien Mylord. Tes chansons et ta voix chaude restent derrière toi et c’est maintenant avec un brin de nostalgie et en imaginant ton beau visage et tes grands yeux noirs que nous les écouterons.
La Carte du tendre, le Jeune Facteur, Donne du Rhum à ton homme, Ma liberté, Sacco et Vanzetti, Sans la nommer, Il était un jardin…..

Pour finir, un texte de toi, bien à propos ce matin:

Dire qu’il faudra mourir un jour.

Dir´ qu´il faudra mourir un jour,
Quitter sa vie et ses amours,
Dire qu´il faudra laisser tout ça
Pour Dieu sait quel au-delà.

{Refrain:}
Dir´ qu´il faudra mourir un jour. {2x}
C´est dur à penser, il faut bien le dire.

Dir´ qu´il faudra rester tout seul
Dans la tristesse d´un linceul
Sans une fille pour la nuit,
Sans une goutte de whisky.

{Refrain}

Dir´ qu´il faudra, bon gré mal gré,
Finir dans d´éternels regrets,
Moi qui voudrais plus d´une vie
Pour passer toutes mes envies.

{Refrain}

Dir´ qu´il faudra mourir d´ennui
En enfer ou en paradis,
Passer toute une éternité
Sans jamais pouvoir s´évader…

{Refrain}

Dir´ qu´il faudra mourir encor,
Moi qui suis souvent déjà mort,
Oui mort d´amour et de plaisir.
De quoi pourrais-je mieux mourir?

Dir´ qu´il faudra mourir un jour,
C´est dur à penser, mon amour.

(Georges Moustaki, 9 mai 1934 – 23 mai 2013)

Le temps n’est pas charitable

barbie

Barbie se regarde dans le miroir de sa salle de bains..

Fini le beau visage lisse, naturel, impeccable, sans maquillage, aux fines lèvres dessinées avec soin, sans la moindre ride ni patte d’oie, aux yeux en amande qu’un léger trait de mascara suffit seulement à réveiller. Il est désormais  strié de profondes rides que le temps a sculptées patiemment, jour après jour. La bouche est molle, fatiguée d’avoir trop parlé, d’avoir raconté trop d’histoires à dormir debout. Elle est obligée de lui adjoindre une forte quantité de rouge à lèvres pour que sa couleur ressorte sur son visage tartiné de fond de teint destiné à masquer les marques indélébiles du temps.

Ses yeux, cerclés de bleu outremer sont outrageusement peinturlurés d’une épaisse couche de maquillage noir foncé. Les faux-cils longs et recourbés sont épais et ressemblent à s’y méprendre à des pattes de mygale.

Finies les belles mains de femme qui n’a jamais travaillé, jamais fait la vaisselle ni même désherbé la cour. Le temps, là aussi a fait son œuvre. Les ongles fragiles et cassants sont rehaussés d’un rouge vif violent et agressif.

Laissons de côté, par charité chrétienne la courbe de reins agressivement avantageuse, le galbe irréprochable des jambes parfaitement épilées, la poitrine avantageuse et prête à bondir hors du décolleté qui a fait réagir plus d’un papa de petite fille gâtée.

Tout cela n’est que souvenir.

Contrairement aux personnages de bandes dessinés qui n’ont pas pris une ride en plus de cinquante ans (Tintin, le capitaine Haddock, Astérix, Mandrake ou Gaston Lagaffe), Barbie a dégusté sévère. Elle a pris cher comme on dit maintenant.

Seule similitude avec la gloire passée, elle arbore toujours des vêtements d’un rose criard, symbole de la jeunesse et de la féminité. Elle porte désormais un immense chapeau rose chargé de cacher une chevelure blanche et décolorée, parfois peroxydée afin de conserver autant que possible sa blondeur d’antan.

Et elle est couverte de bijoux bon marché comme ceux qu’on trouve chez Matell. On se demande même si ce ne sont pas des parures en plastique tellement ça fait toc et tape à l’œil.

Bravo à Matell et à son équipe de stylistes qui ont su adapter leur poupée en fonction de son âge. A l’instar de Harry Potter qui vieillit réellement d’un an chaque année, Barbie est désormais une vieille dame. C’est bien elle, on la reconnait aisément.

Racine, il y a bien longtemps l’avait ainsi décrite :

… elle avait encor cet éclat emprunté
Dont elle eut soin de peindre et d’orner son visage,
Pour réparer des ans l’irréparable outrage.

Barbie a beau faire tous les efforts qu’elle peut. Elle n’est plus ce qu’elle était à l’époque de sa gloire.

A noter que Barbie est le diminutif de Barbara. Elle a vécu ses dernières années sous les traits de Barbara Cartland, auteur de plus de sept cents romans d’amour.

(Barbara Cartland, née en juillet 1901, est morte le 21 mai 2000 est l’auteur de 724 romans d’amour. La poupée Barbie, créée en 1959 a été vendue à plus d’un milliard d’exemplaires. On estime que Barbara Cartland a vendu 1,5 milliards de livres.)

© JM Bassetti 21 Mai 2013. Tous droits réservés.cartland